L’explosion des caméras Go Pro sur les pistes de ski et la sortie d’une nouvelle Go Pro Hero 3 Black m’a fait surgir une question en comparant les films professionnels diffusés par Go Pro et ce que l’on peut trouver sur YouTube et Vimeo, réalisé par le client moyen.

J’ai retenu le film officiel de Go Pro présentant la dernière caméra de la gamme :

Je me suis livré à une analyse scolaire mais révélatrice pour tous ceux qui ont ou rêvent d’acheter une caméra Go Pro et répliquer ce que tous ces bons films professionnels nous présentent. Prenons-la comme un exercice de bon sens, qui peut nous faire économiser 500 euros… ou nous inciter à investir !

Voici donc la recette, les trucs et astuces, pour réaliser un film Go Pro digne de ce nom.

Choisir un bon lieu de vacances. Ici :

  • Mont Cook en Nouvelle Zélande,
  • Earnslaw Burn, New Zealand,
  • Tahiti, French Polynesia,
  • Vava’u, Tonga,
  • Queenstown, New Zealand,
  • Squamish, BC, Canada,
  • Turangi, Taupo, Aratiatia, Whangarei, and Maruia in New Zealand,
  • San Francisco, Californie.

Louer des engins volants, je décompte :

  • trois avions,
  • deux hélicoptères,

En terme de matériel, la Go Pro vissée sur le casque, c’est juste pour faire mode, parce que dans ce film, elle ne sert presque à rien. Il suffit de regarder : le voyant rouge de tournage est rarement enclenché, et peu de plans ont en effet pour origine une Go Pro placée sur le front.

Il faut plusieurs Go Pro, certaines scènes comprennent au moins 5 Go Pro : j’obtiens ce décompte en dénombrant les caméras dans le champ et hors champ (= qui filme vraiment).

Des assistants, vous verrez que chaque skieur a son double, le cycliste a son suiveur, etc…

Du matériel :

  • un axe rotatif motorisé pour faire des stop motions
  • un axe panoramique
  • un pied
  • des poignées
  • des floaty backdoor
  • des batteries de remplacement
  • Des fixations pour guidons et tige de selle
  • Des Harnais de fixation
  • Des fixations pour planches de surf
  • Des fixations frontale pour casque
  • Des fixations bandeau
  • Des fixations pied photo
  • Des cartes mémoires
  • Des kits anti bué
  • Des perches et batons de fixation
  • Des fixations SteadyDive
  • Une monture Steadicam Smothee
  • Un BoomPro (extension casque, ou similaire).

Du rythme dans les plans :

  • Panoramique
  • Traveling avant
  • Plan serré
  • Plan moyen
  • plan large
  • plan d’ensemble
  • Plongée et contre-plongée

Un sens de la narration. Le film raconte l’art de se filmer en Go Pro, c’est une session de formation au métier de l’image d’une durée de cinq minutes. Outre l’art des plans, il faut retenir :

  • le rythme : un cinq minutes on découvre 8 lieu différents et 7 activités sportives.
  • l’histoire : elle est scénarisée : - on commence par appréhender les lieux sur des plans larges,
  • on s’approche du lieu de l’action
  • on réalise ses prouesses
  • on se calme, se félicite, exprime sa fierté.
  • La musique : il y a une progression avec une musique qui accompagne cela en trois grandes parties : des instruments classiques au départ sur un rythme lent, de la musique rythmée et électronique, puis un retour vers le calme musical.

Conclusion : Du budget, un investissement minimal de 2000 euros.

Je n’estime pas le coût d’un tel film. Ce serait idiot car Go Pro se doit d’investir pour créer sa machine à rêve. Avouons qu’il ne lésine pas sur les moyens, sans compter le cachet des athlètes stars invités.

Je pense plutôt au consommateur moyen qui a envie de se faire plaisir. Comment ne pas produire des films monotones, sans relief, ou la caméra Go Pro finit même par lasser l’auditoire ? Car avec son plan fixe et déformé, certains films dits de vacances sont certes très technologiques mais aussi lassants que les vieilles séances diapos de ma grand-mère.

L’objectif est de se donner les moyens de démultiplier les plans. Il y a pour cela deux solutions :

– deux à trois caméras Go Pro. Si trois sont possibles, une est confiée à un ami qui jouera le rôle d’assistant ;

– une seule caméra mais au moins tourner la même scène trois ou quatre fois pour créer des plans variés.

Comme il s’agit de sport, parfois extrême, il me semble difficile de ne pas investir dans trois caméras.

En terme de support, il me semble évident que les éléments suivants sont inévitables :

  • – la poignée ou bâton,
  • – les fixations frontales,
  • – les fixations surf ou ski,
  • – le harnais,
  • – voire le BoomPro.

Il y aura auparavant à dessiner les plans de son futur film (storyboard) :

– que raconter ? pourquoi ne pas reprendre le principe du film ci-dessus ? C’est simple et cela suffit.

– comment le raconter ? imaginer les plans qui vont jouer le rôle de pivots dans la narration.

Ensuite, place au tournage, sans doute sur plusieurs jours. Encore une fois, plusieurs batteries, plusieurs caméras, plusieurs attaches possibles garantissent que les images prises seront de qualité. Penser à varier les vitesse de tournage. La caméra Go Pro est capable de stop motion, de ralentis, de très haute définition, … autant l’exploiter. Depuis l’application gratuite pour iPhone et Android offerte par Go Pro, le pilotage de la caméra est très rapide. C’est sans doute votre assistant qui règlera chaque caméra selon des paramètres différents.

De retour chez soi, il faut dérusher. Cela consiste à sélectionner les meilleurs plans et être intraitable : un bon film de ce type ne dépasse par les trois minutes, et encore… Il faut éliminer tout ce qui n’est pas étonnant ou évocateur, sans regret.

Ensuite, il faut monter. De préférence, avoir choisi une musique au préalable permet d’imaginer immédiatement le rythme visuel du film qui va coller à la musique. Ne pas chercher à faire durer le film jusque la fin de la musique, mieux couper progressivement le son et finir sur un film bref mais nerveux qu’un mauvais clip musical !

Ensuite, diffuser son oeuvre. Le mieux est aussi d’expliquer vos intentions pour recueillir des appréciations utiles. Et surtout ne pas se vexer face aux critiques des spectateurs : ils sont intraitables mais ont rarement tort…